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Les articles

Hadopi paravent

Cette semaine, la Lois Hadopi a été rejetée, très provisoirement. Je vois mes amis se démener, à raison, contre la bêtise sans cesse renouvelée de ce gouvernement… Mais tant de bêtise de la part de gouvernant m’intrigue, et je m’interroge sur ce qui ressemble malgré tout à une stratégie délibérée. En prenant un poil de recul, cette obstination à obnubiler l’attention avec des réformes inconséquentes en matière de mieux, mais perverses d’effets induits, même si cette obstination ne peut passer pour de l’intelligence, il ne faudrait pas exagéré, fini par passer pour de la malignité…

Je soupçonne donc ces gens d’être malin, ce qui ne nécessite après tout qu’un bon système nerveux à défaut d’avoir besoin d’un cerveau, et de remplir l’actualité avec des leurres médiatiques, des os à ronger, qui aveuglent autant médias que citoyen, perdant le temps de tous dans des débats stériles sur des sujets secondaires comme le téléchargement ou la « réforme » bâclée de la recherche, non négligeable, et même importante soit à long terme, soit pour le principe, mais sans relation avec quoi que se soit d’urgent pour la survie d’un pays et encore moins pour l’amélioration immédiate des conditions de vie des citoyens. De la même manière, pour dédouaner un « système » entièrement conçu sur l’exploitation par une minorité de la majorité des vies (la dévoration devrais-je dire) « on » nous jette en pâture quelques boucs émissaires, soi-disant « grand chef d’entreprise » ou footballeur professionnel, qui partagent la particularité omise d’être des salariés, et donc de simples larbins très bien payés, en effet, mais au service de maîtres infiniment plus riches. Le paradoxe du langage allant à considérer comme « grand » les patrons qui ne le sont pas, puisqu’on entend généralement « patron » comme celui qui est maître du destin de son entreprise, et que ces « grands » là sont des directeurs nommés aux ordres des véritables patrons que sont les actionnaires majoritaires.

En gros, nous voilà entrés dans une aire de faux-semblant, dont les mensonges de l’ancienne administration américaine ne sont que les prototypes grossiers. Nous sommes ici face à un dispositif de paravent qui oblitère obliquement les rouages du pouvoir.

Peu enclin à la paranoïa, je commence malgré tout à m’inquiéter de ces signes convergeants de sape des démocraties…

« Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de la retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…
À y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

Denis Kessler, vice-président du Medef
« Challenges », 4 octobre 2007

Rappelons-nous… il y avait quoi, avant 1945 ?